Laissez-moi vous présenter KLANCH, site web et webzine culturel sur l’est de la France et au-delà.

Avant d’aller plus loin – car je suppose que ni vous ni moi sommes klanch-experts – consacrons quelques lignes au nom du site. KLANCH est un mot inventé à partir du son d’un autre mot : clenche ou clanche (variante orthographique) désignant la poignée d’une porte. Du mot, découle le verbe clencher ou clancher : l’action de fermer une porte dans le patois vosgien. Vous me direz : « Ça commence bien ! Un site qui nous claque la porte au nez dès l’entrée ! ». Rassurez-vous, KLANCH n’est pas clencher ! Au contraire, la porte vous est grande ouverte au plaisir d’être franchie. Restons encore un peu sur le palier et décrivons.

KLANCH s’est enclenché le 1er février 2014 à l’initiative de Godefroy Gordet, créateur de cette poignée et directeur artistique de la compagnie de théâtre Le Barbanchu. Derrière la porte, sept personnes : Julie, Camille, Manu, Godefroy, Maureen, Raphaël et Alexandre. Dès nos premiers pas le ton de la maison est donné : « KLANCH c’est ça. Un noyau dur de sept potes et plein de collaborateurs, tous différents, mais pas tant. Une bande de gens normaux passionnés par leurs habitudes culturelles. Tous auditeurs, spectateurs et lecteurs, épris d’amour pour ces trucs et objets qu’ils ingurgitent chaque jour, heure et minute, à droite à gauche, entre Metz et Luxembourg ou plus loin encore, « vers l’infini et au-delà ». Ce qu’on aime, c’est bouffer de la culture. Ce qu’on veut, c’est vous en faire croquer un bout. ».

C’est donc à table que KLANCH nous sert sept rubriques copieuses : Société traitant de notre société, Sonotone qui vous débouchera les oreilles aux sons des musiques, La séance où l’on se posera devant la télévision ou des séries, Dernier Acte où les arts de la scène sont à l’honneur, Exposif où c’est l’art contemporain qui vous est montré, Aux mots près chez qui la littérature est décortiquée et enfin La Black Box où les mondes de la création sur internet vous sont dévoilés.

Après y avoir goûté vous serez repus ! Cela fait beaucoup à voir, à lire et à découvrir mais il est une chose qui a retenu mon œil et ébouriffé mes cheveux : le sous-titre du site « culture et sous-culture. ». Quoi ! – me dis-je. Est-il possible qu’un magazine culturel puisse dissocier des sous-cultures de la culture et les qualifier d’inférieurs à celle-ci ? Stupéfait devant la bannière qui trône, Godefroy Gordet m’explique que « c’est une traduction littérale de « Underground Culture » qui, en anglais, défini précisément un type de culture. Malheureusement, notre langue française ne nous donne pas beaucoup de choix. « Sous » évoque automatiquement l’idée d’infériorité : l’idée d’une culture en dessous de LA culture. Chez KLANCH, nous tenons à ce sous-titre et nous les défendons. Elles ne peuvent qu’émerger, se montrer, monter et être toujours plus visibles en tant que culture ; qu’elles sont déjà. Par commodité, nous aurions pu choisir l’anglais mais nous aimons interroger pour développer notre parti-pris à parler de toutes les cultures. ». Cette explication me laisse songeur sur les nombreux problèmes de sens dans les traductions mais me fait comprendre que, derrière une petite provocation, KLANCH cache une ligne éditoriale singulière.

En effet, le sous-titre intrigue et peut rebuter le lecteur mais pourquoi ne pas le voir comme un étendard poussant les croyants d’une seule et même culture à lire ce qui est, supposé, être en dessous ? – Part simple curiosité ; un réflexe bien naturel. Finalement, n’y aurait-il pas plus de lectures, plus de partages des textes et donc une grande infusion de ces soi-disant « sous-cultures » cultures voire une découverte ou un intérêt provoqué pour celles-ci chez le lecteur néophyte ? – Je vous l’accorde c’est une hypothèse, un contrepoint qui mériterait d’être discuté.

Cependant, gardons à l’esprit que la nomination « sous-culture » prouve aussi que KLANCH, et pas qu’eux : cherche. Ils forent, ils creusent et déterrent ce qui est en dessous de la terre ferme Culture pour en extraire des joyaux bruts ou bien polis et ne serait-ce pas là l’état et l’intérêt d’une sous-culture : d’être en recherche mais surtout d’être cherché ? Sans dire que KLANCH est une arche perdue, le site contient beaucoup de ressources et trésors méritant le coup d’œil. Toutefois, attention chers lecteurs ! Ils peuvent être des pièges : puisqu’attiré par le brillant des contenus vous risquerez d’en redemander.

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