Pour la première fois, James et son auteur Romain Ravenel prennent un risque en vous livrant quelques écarts…

Tout commence lors d’une réunion pour l’évènement de la Fabrique de l’égalité 2016. Nathalie Galloro, actrice et conteuse professionnelle de la compagnie de théâtre Le Tourbillon, propose à Romain Ravenel de travailler ensemble sur une création. Rapidement, l’idée de faire une lecture mise en scène des écarts de James est une évidence.

Cependant, tous les textes de James ne correspondent pas aux thématiques de l’évènementiel qui se présente comme un temps de réflexion et de rencontre autour de questionnements sur : comment construit on l’égalité ?  En s’interrogeant, les deux acteurs prennent le parti-pris de traiter de cette construction en abordant l’inverse, celle des inégalités.

James est un flâneur, un petit personnage poétique et sensible qui observe le monde et le ressent. Romain Ravenel décide que, tout au long d’une journée, son personnage va traverser des situations, indiquées par une didascalie avec l’horaire et le lieu, dans lesquelles il sera d’abord témoin des différences qui fondent socialement les inégalités. Par la suite, James sera confronté à des scène de plus en plus dures, telles les humiliations banales qui nous échappent, qui feront germer ce qu’on appelle : le ressentiment. Plus le temps passe, plus il essaye d’y résister. Il se questionne ou se déverse, il se raisonne ou sombre, il ne sait plus qui ou quoi doit l’habiter ? Ecarteler au coeur de ses impressions, le personnage s’achève par un texte qui le décrit au bord de l’abîme, vacillant mais, malgré tout, ne cède pas et continue à réfléchir.

En tant qu’auteur, Romain Ravenel fait le choix d’une montée dramatique en décrivant méticuleusement des scènes du quotidien qui, de prime abord, dégage un sentiment de malaise. Par exemple, la caisse d’un supermarché où une femme modeste qui n’a pas assez d’argent pour payer ce qui suscite quelques expirations et des non dits d’une file d’attente qui en disent long. Une terrasse de café ou deux hommes, à priori similaires, sont pourtant différents et s’observent à travers les prix de leurs cafés : 2,90 versus 3,80. La naissance du théâtre des différences qui crée les inégalités dès que l’on porte son regard sur autrui. « Sans-dents » ou « Sans-peaux », un écart faisant état d’un dépouillement, la perte d’une chair qui transforme chaque mot, chaque phrase et chaque son en une brulure quasi indélébile.

Nathalie Galloro et Romain Ravenel jouent les écarts de James comme si le personnage leur avait confié ses déboires, ses observations, ses flâneries. Dans l’interprétation, il n’y a ni morale, ni fin, ni leçon c’est un simple constat, une progression lente et ténue donnée à entendre au spectateur.

Représentés devant une cinquantaine de personnes le 5 novembre à 20h30, les écarts de James ont été réceptionnes avec beaucoup d’attention et d’émotions. Pour la première fois, le personnage imaginaire dessiné s’est doté d’un corps et d’une voix. Sachez ceci, il fera en sorte que vous puissiez l’entendre une prochaine fois.

Voici quelques photos du spectacle :

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Nathalie Galloro & Romain Ravenel / Début de la lecture des « écarts de James »

 

Nathalie Galloro & Romain Ravenel / Quand James apparaît...

Nathalie Galloro & Romain Ravenel / Quand James apparaît…