James & Cie - Les écarts

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La sensation est étrange et devrait se passer de mots. Pourtant, se sont ces mêmes maux qui éveillent cet état, cette pression, cette urgence et ce poids. Cours ! Fuis ! Echappe toi ! Disparais ! Tiens bon et surtout, ne t’écoute pas… Impossible quand le réel poignarde et tâche une peinture que l’on pensait achevée, complète, sans-symboles ou sous-textes. Le souffle s’accélère et se manque dans une marche effrénée digne d’un pas de course au milieu de cette rue qui se déforme de plus en plus. Tout devient réflexe, tout n’est plus qu’instinct jusqu’à cette cloison, cette porte fermée que l’on s’empresse d’ouvrir afin de clore les éclats d’une folie formant une masse qui conquiert cerveau, corps, cœur, main, veines, bouche et poumons.

Après la foule, après les bruits, le silence bourreau place lentement sa guillotine dans l’attente de sa victime. C’est ainsi que le corps ne se suffit plus à lui-même. C’est à cet instant, au cœur de cette prise de conscience soudaine qu’un corps sort de son enveloppe pour s’extraire dans l’espoir d’une mutation salutaire. L’air s’alourdit et devient assourdissant. La vision se délie tout en créant un monde mouvant où les éléments se fracturent puis s’écroulent. L’équilibre, n’est plus. Un univers bascule, quelque chose s’écroule – un corps – à quatre pattes tente de se relever. Les gardes fous s’effacent, les barreaux d’une cage éclatent, les feux d’une rage circulent sur chaque paroi. Tout se rétracte, tout se contracte, la parole n’est plus, les sens s’échappent. Le dernier maillon d’une chaine cède pour fuir vers les ténèbres. Une lutte s’achève. Un bruit sourd éclate. Quelque chose se perce. La chair ne répond plus mais le cœur bat si fort et si vite qu’il crée des échos sortant des pores d’un corps et esprit vide. Déjà absent à lui-même, les pupilles se dilatent, les lumières s’estompent comme une bougie qui aurait atteint sa fin. Devant vous se dessine une dernière lueur qui diminue peu à peu tandis que les derniers soubresauts d’une survie cherchent à réactiver la machine. Soudain, le néant, le noir, un silence qui, auparavant, ne fut jamais audible. Le corps se tait car il est tût. La dernière pensée cherche son chemin.

Tout à coup, un voile blanc, une chaleur jamais ressentie auparavant, la sensation qu’une aiguille vous pénètre puis un souffle sort tel un cri. Soulevé de terre, les paupières s’ouvrent sur la noirceur d’un monde qui retrouve peu à peu ses couleurs. Des phrases résonnent dans un brouillard qui se dissipe. Ce qui c’était arrêté l’espace d’un court instant revient doucement vers la vie. Douloureusement, un cœur détruit relance sa première pulsation. Un courant électrique parcours un sang noircis. Les rivières d’une mémoire circulent comme un torrent qui aurait brisé la digue. Vous avez conscience d’être revenu mais vous savez que vous porterez cette cicatrice : la marque d’une griffe, le dessin d’un rosier fané.

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