James & Cie - Les écarts

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Les écarts, Les écarts de James

James et le monde des rats #3

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James et le monde des rats #3

Le sol est froid. L’air manque et James sent sa gorge qui le démange. Difficile de respirer dans les profondeurs des tunnels qu’il arpente. Armé de sa lame et d’une torche, il cherche son chemin vers un abri. Les mots de son ami chevalier résonnent dans sa tête mais à force d’errer, il doute. Est-il sur le bon chemin ? En tendant l’oreille il peut entendre parfois les bruits des rats qui cours dans les tunnels voisins. Prudemment, James avance, il se faufile, grimpe et marche sur la pointe des pieds. Il se fait le plus discret possible sans desserrer sa main du manche de sa lame car si danger il y a, il n’hésitera pas. Sur certains murs, il observe des dessins fait à la craie. Dans les ténèbres réside les traces de l’humanité passée par là. Sans doute est-il témoins des restes de l’exode des humains. Il imagine ce qui a pu se produire, comment ont-ils réagis face au brouillard et l’absence de lumière ? James peut difficilement comprendre car il c’est tenu trop éloigné du monde mais pour les vivants, ceux du dehors, le choc a du être immense. Si il retrouve les humains, comment vont-ils l’accueillir ? Sont-ils devenus méfiants, effrayés face au moindre visage étranger ? Se sont-ils serrés les coudes ? Ont-ils reconstruit un semblant de société ? Arrivent-ils à s’adapter dans ce confinement souterrain ? James est confus dans ses sentiments. Il aimerait ne pas douter des Hommes, garder espoir que peut importe leur condition, l’humanité ne s’éteindra pas mais à l’inverse, il pourrait supposer le pire et que les travers cruels de cet animal fragile se soit renforcés ou amplifiés. James jette un regard vers sa poche où son crayon c’est brisé. Il le regarde avec nostalgie et regrette de ne plus avoir de papiers pour coucher ses réflexions. La lumière de sa torche caresse doucement les murs qui révèlent des traces de griffes et des mains humaines qui se sont appuyés sur les murs. Un affrontement a eu lieu ici. Peut être un groupe d’hommes, femmes et enfants qui a croisé quelques rats. La profondeur des griffures dans la roche montre la barbarie de ces bêtes. L’esprit de James imagine les cris de douleurs provoqués par cette bataille.

Ce monde est cruel, divisé en deux entre les chasseurs et les chassés, les victimes et les bourreaux, les proies et les prédateurs. James ne peut pas accepter cet univers, il doit exister un moyen de venir à bout des rats. Puisqu’ils ont l’air d’être organisés et dotés d’une intelligence hors du commun, ils ont peut être un chef ou une forme d’autorité supérieure qui planifie leurs attaques. James pense à voix haute et laisse son imagination confectionner des plans pour éliminer cette menace et retrouver la ville qu’il aime tant. Selon les dires de son ami chevalier, ils craignent la lumière et les objets pointés vers eux. James n’a pas assez d’éléments pour résoudre ce problème, il y a forcément d’autres moyens et comme le chevalier, il décide dès maintenant de rechercher d’autres pistes pour venir à bout du fléau.

Il se fait tard et la fatigue se fait sentir. Au bout d’une corniche ce trouve les restes d’un feu de camps. Il s’y installe tout en frottant les pierres avec sa lame, qui fait suffisamment d’étincelles pour rallumer ce feu. S’enroulant dans sa cape, il regarde les flammes dansées qui reflètent leurs lumières sur la lame. James l’observe de plus prêt et constate que son tranchant est intact. Sa taille est pour le moins surprenante car elle ressemble en tout point à celle d’un couteau de cuisine mais elle dépasse de loin la taille de James ; comme si cet objet avait été conçu à la manière d’une longue épée. Elle est facile à manier, légère et fend l’air avec rapidité. Ce n’est pas surprenant qu’un tel objet ait traversé la peau d’un rat. Serait-ce une arme aboutie ? Peut être que la clef de sa quête réside dans les secrets de cette arme. Si il trouve un camp d’humains, pourraient-ils la reproduire ? James tourne en rond dans ses suppositions.

Tout à coup, un vent froid sort de l’entrée d’un tunnel. James voit le feu vacillé, il se dresse prêt à réagir si l’ennemie veut en découdre. Alors qu’il fixe l’endroit d’où vient le vent, il sent un petit bout de pierre tomber sur sa tête, il lève les yeux et voit la pierre trembler. Quelque chose approche… Quelque chose qui fait un vacarme assourdissant. Dans une avalanche de roches et de gravas, la pierre se fend et un rat immense, beaucoup plus grand que les autres, tente de faufiler sa tête. James se cache derrière le feu et pointe sa lame en direction du rat. Ses mains tremblent, il essaye de contrôler sa peur. La tête du rat sort de la roche et ses larges griffes écartent la pierre, ses yeux jaunes luisants se fixe sur James, une écume blanche couvre ses babines et sa large gueule est emplie de dents acérées.

  • Approche ! Cria James en direction du rat.

Pensant qu’il serait sans réponse, le rat sourit sournoisement et commence à parler.

  • Ainsi, c’est donc toi qui rode dans ces tunnels, tu as de la chance… il sont petits et je ne peux pas passé, sinon tu serais mort depuis longtemps.
  • Quoi ! Vous parlez ? Comment est-ce possible ? Dis James totalement stupéfait.
  • Silence ! Oui je parle, nous parlons, nous entendons et nous savons le moindre de tes faits et gestes mais je vois que tu me comprends… Ce doit être à cause de ce que tu tiens dans tes mains.
  • La lame ?
  • Oui… « LA » lame. Où l’as tu trouvé ?
  • Puisque vous êtes bloqué et que vous ne pouvez pas m’atteindre, c’est moi qui vais poser les questions ?
  • Bien… Dis le rat sur un ton trop gentil pour être polie. Cela donnera le temps aux autres pour t’attraper.
  • Si ils viennent je saurais comment les recevoir. Dis James, confiant. Qui êtes-vous ?
  • Moi… Je ne suis qu’un sujet, rien de plus.
  • Un sujet ? Vous êtes plus imposant que les autres rats que j’ai croiser et vous parlez, vous êtes donc supérieur aux autres ?
  • En quelques sortes, oui mais je ne suis pas le seul.
  • Comment ça ?
  • Tu ignore tout n’est-ce pas ? Dis le rat d’un air moqueur.
  • J’écoute…
  • Et pourquoi te donnerais-je des informations sur mon espèce ?
  • Si vous le faite, nous pourrions négocier. Vous voulez cette lame, non ?
  • Oui en effet ! Tu serais prêt à t’en débarrasser !
  • J’ai réussis jusqu’ici à survivre sans, je peux donc m’en passer.
  • Ton arrogance n’a d’égale que ton inconscience mais soit, laisse moi t’en dire plus sur nous les rats. Nous sommes légion et pourtant nous ne faisons qu’un. Nous sommes supérieures en tout et possédons une intelligence collective. Ce que je te dis maintenant, les autres l’entendent cependant certains, comme moi, sont d’un tout autre niveau et nous donnons des ordres, les autres obéissent.
  • Et au dessus de vous ? Y a t-il un rat supérieur à votre espèce ?
  • Ca je ne peux pas te le dire mais tu le découvrira bien assez tôt…
  • Donc en toute logique, si je vous parle les autres rats entendent mes paroles ?
  • Exactement et plus tu parle, plus nous te localisons.
  • Je…
  • Suffit ! Dis le rat sèchement pour interrompre James. A mon tour de te poser des question ?
  • C’est de bonne guerre.
  • Où as tu trouvé la lame ?
  • Dans un gouffre, plantée dans le corps d’un rat.
  • T’en es tu servis ?
  • Pas jusqu’à présent mais j’y songe fortement depuis quelques minutes.
  • Insolent ! Elle ne pourrait rien contre moi.
  • Pourtant vous ne vous approchez pas.
  • Grrr. Grogna le rat.
  • Qui es-tu ?
  • James.
  • Je ne reconnais pas l’odeur des humains sur toi. Je répète : qui es-tu ?
  • James
  • Cesse de jouer avec moi !
  • Je ne suis pas un humain. Je suis James.
  • Crois moi… Si je pouvais t’atteindre, je te dévorerais.
  • Mais vous ne pouvez pas alors retourner d’où vous venez.
  • Je vois qu’on est joueur… Très bien, j’aime jouer avec ma proie. La prochaine fois que nous nous rencontrerons, je n’aurais aucune pitié pour toi.
  • Vous ne voulez pas la lame ?
  • Non, garde la. Essaye la. Notre petit jeu ne fait que commencer…

A ces mots, la tête du rat disparue dans le troue qu’il avait creusé. James resta quelques secondes figé puis il s’écroula sur ses genoux. Il respirait de plus en plus fort tout en prenant conscience du danger qu’il venait d’éviter mais de toute évidence, il en savait plus sur ses ennemis. Quel est le secret de son arme ? Pourquoi les rats veulent-ils la lame ? Mais surtout, qui se cache derrière le commandement des rats ? James éteignit le feu et plus prudent que jamais, il reprit sa marche au cœur des sombres tunnels.

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1 Comment

  1. gilberte garni

    Intéressant ce monde …Il m’en rappelle un autre que vous connaissez sans doute , on attend la suite non sans impatience !

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