Germination

Dans une promiscuité aux yeux de tous, peau contre peau, main dans la main, l’écart n’a jamais été aussi grand. Au milieu d’une foule s’enivrant au rythme des sons, deux êtres ne cachent plus leur attraction. Pourtant, au cœur des envies plusieurs murailles s’érigent par réflexe, automatisme et crainte. Offert en pâture aux regards curieux, deux êtres ne semblent former plus qu’un tandis que leurs parades nuptiales s’affrontent pareilles à des vagues se bisant sur quelques rocs. Observateur d’un terrain miné d’avance, James ouvre son œil pour distinguer le néant et la souffrance de l’inaction. Malgré la réunion des signes profilant l’évidence, il se trouve nez à nez avec les entraves d’un cœur cœur effrayé du moindre pas vers l’avant. Figé dans la pupille de celle qui le mire, le refus masqué par les charmes d’un sourire se dessine. Entre l’envie et la violence délicate d’une fin toute proche, les danses de constances s’exécutent, les mondes d’une société perdurent : les résistances s’incrustent.

Sous le sens

« Peut être… », une formule d’usage pour l’expression de l’entre deux. Dans ces deux mots se cache l’être indécis. Ni oui, ni non, impossible de choisir comme sur le rebord d’une falaise où autrui n’avance ni ne recule : il reste. Peut importe les gestes ou les dires convaincant, l’immobilisme est une plaie aimant s’ouvrir ou se refermer selon l’occasion. L’indécision protège et enveloppe telle une excuse expliquant un pourquoi du comment écrit comme une devise répétée dès le moindre changement. Résistance contre nouveauté. Abandon face au contrôle. Les bonnes ou mauvaises volontés ricochent sans laisser de traces sur un blindage perpétuellement poli. Ici – chez elle ou chez lui – les choses stagnent sans savoir qu’elles se putréfient.

Des verrouillés

Consumé dans son apparence, ses mots se disloquent à travers les discussions. Résistant (te) à sa propre existence, il/elle refuse en bloc ! La moindre approche est une attaque alors que celle ou celui tout proche – en bon passant / passante – ne prête guère attention à cette barrière trop évidente. Pourtant, les socles de cet objet tiennent sur si peu de choses : un simple terreau nostalgique alimenté par des larmes d’excuses ou de réconforts, une pincé de passé révolu bloquant les routes d’avenirs bien présents. Cependant – dans cet être où les loquets sont rois – l’envie d’être le sauveur serrurier commence à germer. Attiré par les limites, il / elle tente l’impossible en manipulant les clefs de toutes tailles qui, tôt ou tard, trouveront le bon orifice. Néanmoins, prudence à ne pas libérer une sauvagerie qui depuis longtemps refuse d’être domptée mais qui, à genoux, implore d’être entravée.

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