Tic-tic-tac, pause, tic-tic-tac, pause… Pendant qu’il observé le vide face à lui, la contemplation de James fut interrompu par ce son étrange. Au dessus de lui s’était dessiné un curieux nuage plein de ressorts, d’aiguilles, d’engrenages et autres mécaniques qui ressemblaient – de près ou de loin – à celle d’une ou de plusieurs horloges. Halluciné, James n’en était pas moins conscient que ce son, ce tempo – que dis-je – ce rythme pour le dire franchement, était sa propre création : un objet fascinant dont il été la victime.

Dire que mes fumantes pensées peuvent créées ce genre de drôlerie… Pensa James à voie haute. Tandis que ses yeux s’aventurent sur les aiguilles, il ressent une sensation quasi hypnotique. Bercé par cette vision, les mots lui viennent, vifs et rapides : comme les secondes qui s’écouleraient d’un délire.

Confrontation rythmique

Tic-Tac-Tic-Tac-Clic-Clac-Clic-Clac. Deux sons, deux rythmes. Deux vitesses : des jours, des nuits. Ce tic se prend la claque, cette claque montre tes tics. Tu tacle mon tic. Ton clic me pique. Tu affrontes, tu t’enfuis, tu te rythmes, tu ne remontes pas ta mécanique. L’horlogerie s’écroule. Les rouages crissent. Deux sons, deux rythmes, deux êtres, deux cœurs, deux ententes, des mésententes : un petit souci. Clic-Tic-Clac-Tac… ça se confond mais ça ne résonne pas ! L’harmonie ne prend pas ! Le vent compose la partition, les souffles ne retiennent pas. Ton aiguille maligne caresse les secondes, les minutes, mes jours et mes nuits. Fantasme d’un horloger cherchant à créer le parfait ouvrage, quatre aiguilles se font la course sans aboutir à la ligne d’arrivé. Il n’y a pas de sonnerie. Il n’y a pas d’alerte. Ceci n’a rien de digital – non – c’est de la chair ! C’est bel et bien matériel comme un temps fuyant, irrattrapable et fulgurant. Une main revient en arrière. Un doigt fige le temps. Les instants reviennent. Les heures d’une mémoire se suspendent pour revivre inlassablement une minuterie qui n’aura ni retard, ni avance. Tic-Tac-Tic-Tac-Clic-Clac-Clic-Clac. Le réveil tant attendu n’est qu’une mélodie lancinante, deux rythmes parallèles qui s’entendent, s’observent, s’approchent et s’éloignent distinctement.

Présentation rapide

J’exprime une affection particulière pour le temps malgré le fait que j’ai l’horaire en horreur. J’éprouve une aversion pour ce qui se décale et ce qui m’apparaît comme une fantaisie cruelle et facile, de la part de ceux qui dictent nos rythmes. Je ne suis ni le lièvre, ni la tortue de la fable et encore moins le paresseux justifiant son inactivité à travers de longs regards affectueux. Je vis, survis, je travaille, j’essaye, j’organise puis produis. Je cherche mon temps, j’active mon rythme, je me confronte au monde, j’aspire à me mêler aux horlogeries plutôt que de les subir. Je ne veux pas devenir ce chronomètre qui file. J’absorbe, j’entends, j’imbrique, je compose, je pactise, j’obéis, je filoute et je m’épuise. A peine sur le départ, le compte à rebours s’active pour creuser le précipice d’une fin imminente et prédite. Bonjour, je m’appelle James – même inexistant, sachez que je suis une mécanique sensible.

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