L’inspiration

Guy de Maupassant disait : « Quant à moi, maintenant, j’ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j’aime. Me sachant condamné à l’horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m’importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J’ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit “oui”, quand je ne veux même pas prendre la peine de parler. »

Vers après vers Saranonyme boit cette indifférence qui la tue.

L’acte posé

J’ai dépavé les allées,
Désossé les traverses,
Tes averses oubliées,
Souvenirs sous mes pieds.

J’ai regardé tes trains,
Longé les rails qui font dérailler
Ton coeur sur mon chagrin,
Cadavre de nos amours damnées.

J’ai parcouru tes kilomètres,
Enterré ce que nous aurions pu être,
Ton bateau coulé sur mon horizon,
Fantôme de ton cirque, ta prison

Au matin, tu restes
Jardin maudit où j’ai planté des orchidées.
Damné, toi l’ancre que le temps traverse.

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