Une nouvelle tenue

Au fond du trou et un peu sonné, James s’était réveillé sur quelque chose de doux et moelleux. L’endroit était sombre, difficile de distinguer sur quoi il avait mis les pieds. Un froid glacial parcours les environs. Il décide de se couvrir, ses mains agrippent ce sur quoi il a chuté puis il s’enveloppe pour se réchauffer. A sa grande surprise, James avait trouvé une cape, un manteau ou un très long morceau de tissu. Quoi qu’il en soit, il prit l’objet qui lui allait fort bien et qui changeait radicalement son apparence. Dans son univers, il avait trouvé beaucoup de choses étranges, des créatures, des hallucinations, des lieux, des évènements inattendus mais il n’avait pas encore trouvé d’objet ; une sorte de compagnon qui l’accompagnerait dans ses aventures.

Aussitôt pris, aussitôt porté, le voilà paré et prêt à sortir du trou dans lequel il était tombé. Il ne lui manquait que quelques brillantes idées pour faire la lumière sur son atterrissage précipité. De mémoire, il se rappelait d’un gouffre et, par ennui et désespoir, de s’être laissé tombé. Il était temps de rebondir et de rebrousser chemin. Il examine les parois qui l’entourent puis il trouve une première accroche. Les murs sont humides, James regarde ses mains et s’aperçoit que de l’encre noire coule des murs. Impossible de s’agripper. Il enrage et se creusent les méninges à la recherche d’une solution quand tout à coup, la cape qui le couvre, semble s’animer d’elle même. Ce n’est qu’un vêtement et pourtant James sent qu’il est vivant ! Il se sent aussi léger qu’un oiseau et se demande si cette cape n’a pas des propriétés hors du commun – après tout, plus rien ne l’étonne. Il se positionne, s’agenouille et décide de sauter de toutes ses forces. Comme un rêve de gosse, soudain, James se retrouve propulser dans les airs, la cape l’emporte, il se sent pousser des ailes. Il approche de la sortie, la lumière l’aveugle, il se retrouve au dessus du gouffre puis il se pose sur sa feuille. Content de retrouver la terre ferme, il est heureux d’avoir trouver cette cape, elle allait l’aider dans bien des situations.

Décidant de rentrer chez lui, James affiche un large sourire. Il avait enfin retrouvé sa bonne humeur. Il se demandait se qu’il allait faire grâce à cette cape. Dois-je en parler à mon longueur ? Peut être est-il au courant de son existence ? A t-elle d’autres capacités ? Il fallait la tester pour le savoir. Content de retrouver sa tanière – son chez lui – il déposa la cape sur son lit, prit son stylo et commença à écrire une réflexion qui lui vint à l’esprit.

« De plus en plus loin de tout et prêt d’un abime certain, j’ai osé franchir le pas dans l’espoir de ne plus être las. Que je le veuille ou non, que l’on m’observe ou pas, m’échappé m’est impossible tout comme gommer les traits de ma carcasse. Dans l’obscurité d’une pensée où plus aucune lumière n’a lieu, j’ai laissé le fond décider pour moi. Comme il est étrange de trouver le remède dans les tréfonds du plus bas. Il me fallait quelque chose. Il me fallait ressentir le froid. Il m’a fallu greloter et défaillir pour avoir ce réflexe de saisir ce qui s’offrait à moi. Une cape. Un objet. Une peau. Une protection, quelque chose que je décide de faire mien. Face à mes intrigues je m’interroge sur mon histoire. Comme tous les questions se bousculent entre le où vais-je ? Ai-je bien fait ? Qu’en sera t-il ? Qui suis-je et reconnaissez moi ? Que je suis bête de m’attarder sur les bords du monde alors que son cœur est bien plus attrayant. Qu’il est difficile de marcher tous les jours dans un labyrinthe qui vous exècre sans aucun moyen d’essuyer les coups. Qu’il est violent d’être à terre, battu et humilié sans droit de réponse. Muré dans un silence qui ne me sied guère et cadré par le vide de ma feuille. Oui j’ai été tenté, j’ai vu le gouffre comme une sortie, un appel d’air, un désir de paix pour être oublié. Quelle surprise… M’être écarté si loin pour mieux revenir armé, vêtu pour mieux me dessiner. »

En silence, James posa son stylo et regarda par sa fenêtre. Au loin se dessine la ville, son terrain de jeu et d’observations dans lequel il avait envie de revenir pour transformer et rendre plus acceptables les réalités qui transpirent. Il jeta un coup d’œil complice vers sa cape, satisfait de posséder la chose qui serait une nouvelle étape.

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